Les repères essentiels avant de choisir ce ski
- Le Wayback 106 est un ski de randonnée orienté descente, pensé pour la neige souple, la poudre et les longues approches.
- Sa largeur de 106 mm au patin lui donne de la portance, mais il reste bien plus gérable qu’un gros ski freeride de station.
- Sur les versions récentes, le poids tourne autour de 1 475 g par ski en 179 cm, ce qui place le modèle dans une zone très cohérente pour la rando.
- La construction mélange paulownia, carbone et renfort titanal sous le pied pour garder du maintien sans alourdir inutilement l’ensemble.
- Je le recommande surtout à ceux qui veulent un ski léger, fiable et agréable quand la neige devient bonne, pas à ceux qui cherchent un spécialiste de la glace.
- Un fartage régulier et un séchage soigné font une vraie différence sur la glisse et la durée de vie.
Pourquoi ce ski attire les randonneurs qui veulent aussi skier fort
Je vois ce ski comme un compromis assumé, pas comme un modèle extrême. Avec 106 mm au patin et un rayon d’environ 22 m en 179 cm, il privilégie les grandes courbes, la portance et une stabilité tranquille plutôt que le pivot ultra-nerveux. Cela le rend cohérent pour la randonnée orientée descente, surtout quand la neige est souple, trafolée ou un peu profonde.
Le point intéressant, c’est qu’il reste assez léger pour la montée. Sur les versions récentes, on tourne autour de 1 475 g par ski en 179 cm, ce qui est une vraie bonne zone de poids pour un touring ski de cette largeur. On n’est ni dans la catégorie des plumes fragiles, ni dans celle des planches de station déguisées en skis de rando. C’est précisément cette zone intermédiaire qui fait son intérêt, et elle se comprend mieux quand on regarde la construction de plus près.

Ce que sa construction change vraiment sur la neige
Le coeur en paulownia allège l’ensemble, le carbone apporte de la nervosité, et la nervure titanal sous le pied ajoute du maintien là où un ski de rando trop léger devient vite flou. En clair, le Wayback 106 n’essaie pas seulement de peser peu, il essaie de peser juste. Le topsheet dit "snophobic" n’est pas un gadget: il limite l’accumulation de neige collante quand on enchaîne les conversions ou quand la neige est humide.
- Paulownia Tour Light Core : c’est le coeur léger qui limite la fatigue à la montée.
- Carbon Overdrive : le carbone donne du répondant sans gonfler le poids.
- Titanal Spine : la couche métallique sous le pied filtre mieux le terrain et calme les vibrations.
- All-Terrain Rocker : plus de facilité pour amorcer les virages et mieux flotter en neige souple.
- Sidecut 132/106/121 : des spatules et talons assez présents pour tourner facilement, mais avec un centre large qui garde du support.
Sur neige dure, ce mélange donne un ski correct et sain, mais pas un spécialiste de la glace. Plus la neige devient irrégulière et cassante, plus je sens la limite d’un ski qui reste volontairement léger et assez souple. C’est un choix cohérent pour la montagne, à condition d’accepter que le confort vienne avant la rigidité brute. Reste maintenant la question la plus concrète: quelle longueur choisir et comment monter le ski sans casser son équilibre.
Comment choisir la bonne longueur et le bon montage
Je conseille de choisir la longueur en fonction du terrain dominant, pas seulement de la taille du skieur. Sur ce modèle, la différence entre 172, 179 et 186 cm change vraiment la sensation sous le pied, surtout en poudre ou dans les couloirs ouverts. Selon les séries, on trouve aussi une version 165 cm, mais je la réserve surtout aux gabarits légers ou à ceux qui veulent maximiser la maniabilité.
| Longueur | Pour qui | Ce que j’en attends |
|---|---|---|
| 165 cm | Skieur léger ou priorité à la maniabilité | Virages plus faciles, portance plus limitée |
| 172 cm | Terrain étroit, ski très joueur, gabarit moyen | Plus vif, plus simple à faire pivoter |
| 179 cm | Compromis le plus polyvalent | Meilleur équilibre entre portance, stabilité et tolérance |
| 186 cm | Grand gabarit, neige ouverte, vitesse plus élevée | Plus de surface et d’appui dans les grandes faces |
Pour la fixation, je privilégie une fixation de rando légère ou une hybride vraiment justifiée par votre pratique. Ce ski perd de son sens si on l’alourdit trop avec une fixation pensée d’abord pour la station. Le bon montage, c’est celui qui sert votre sortie réelle: longues approches, dénivelé important ou journées poudre où chaque gramme compte. Si vous skiez souvent avec un sac chargé, prenez la taille qui garde du support, mais ne compensez pas par une fixation trop lourde. La cohérence de l’ensemble vaut plus que le dernier chiffre marketing. Une fois le bon montage trouvé, tout se joue sur des gestes simples qui évitent de laisser la semelle s’user trop vite.
L’entretien courant qui garde la semelle rapide
Après chaque sortie, je fais une routine courte, presque mécanique. Le but n’est pas de bichonner le ski, mais d’éviter que l’humidité, le sel de neige ou les micro-chocs ne s’accumulent. Cinq minutes suffisent souvent.
- Sécher soigneusement les carres, les vis de fixation et la zone de spatule avant rangement.
- Enlever la neige et la boue sur le topsheet avec un chiffon doux, sans produit agressif.
- Inspecter la semelle pour repérer une rayure profonde, une trace blanche ou un impact de pierre.
- Vérifier les fixations après un choc ou après une sortie très caillouteuse.
- Ranger à l’abri de la chaleur et du soleil direct, qui fatiguent la semelle et les colles.
Je fais simple parce que c’est justement la simplicité qui prolonge la durée de vie. Un ski léger et orienté montagne n’aime pas qu’on attende trop longtemps avant de corriger un petit dégât. Quand cette routine est en place, la fréquence du fartage et des retouches devient beaucoup plus simple à gérer.
Fartage, affûtage et stockage sur une saison complète
Le fartage est le geste qui change le plus la sensation de glisse. Sur ce type de ski, je pars souvent sur un fartage toutes les 4 à 6 sorties, et plus tôt si la neige est abrasive, très froide ou au contraire très humide au printemps. Une semelle qui blanchit, qui devient sèche sous le doigt ou qui ralentit nettement est généralement le bon signal.
Pour l’affûtage, je préfère une logique modérée: on corrige les petits accrocs, on remet de la netteté quand la prise de carre baisse, mais on n’attaque pas les carres comme si le ski devait passer l’hiver entier sur piste gelée. Les pointes et les talons peuvent être très légèrement adoucis si le ski accroche trop à l’entrée de virage, mais il ne faut pas le rendre mou par excès de detuning. Côté stockage, j’applique une couche de fart de saison ou de stockage, je laisse sécher correctement et je conserve le ski dans un endroit sec. Pour les peaux, je les fais sécher à part, à plat ou suspendues, parce qu’une colle qui vieillit mal complique souvent une belle sortie plus qu’une semelle un peu sale.
Ce rythme peut sembler basique, mais c’est lui qui évite les mauvaises surprises au moment où la neige devient enfin bonne. Et si le programme de sortie ne colle pas à ce cahier des charges, je n’hésite pas à regarder autre chose.
Quand je regarderais autre chose
Je n’orienterais pas tout le monde vers ce ski. Si votre terrain de jeu principal, ce sont les pentes dures du matin, les couloirs printaniers souvent gelés ou les skis de conversion très techniques, je regarderais plus étroit et plus rigide, autour de 90 à 98 mm au patin. Vous gagnerez en mordant et en précision, même si vous perdrez en portance.
À l’inverse, si vous cherchez un ski plus axé station, vitesse et grosses compressions, un modèle plus lourd et plus soutenant aura plus de sens. Le Wayback 106 reste un ski de montagne avant tout: il aime les longues approches, les pentes douces à modérées, la poudre, les passages trafolés et les sorties où la descente compte vraiment, mais sans exiger une machine de guerre sous les pieds. Pour moi, c’est là qu’il est le plus juste, ni trop sage ni trop radical.
Autrement dit, il convient surtout à celui qui veut garder un vrai plaisir de glisse en rando et accepte qu’un ski léger demande un peu de discipline dans le choix des conditions. Au final, le point décisif n’est pas seulement le ski lui-même, mais la cohérence entre terrain, montage et entretien.
Ce que je vérifie avant de l’emmener en sortie longue
Je retiens surtout une chose: ce ski donne le meilleur de lui-même quand il est léger aux pieds, propre sous la semelle et monté avec sobriété. Si vous l’entretenez comme un ski de rando, pas comme un ski de station, il reste vif, rassurant et très agréable dès que la neige s’assouplit.
Avant une grosse sortie, je contrôle toujours les carres, l’état des peaux, le serrage des vis de fixation et l’absence d’éclats sur la semelle. Sur un modèle aussi orienté montagne, ce sont ces détails qui font la différence entre un matériel simplement correct et un matériel qu’on oublie, parce qu’il fonctionne sans bruit.
