Maljasset - Votre guide pour des randonnées réussies en Ubaye

Henri Bernard 8 juin 2026
Randonneur sur un sentier bordé de mélèzes verdoyants, avec le Maljasset Ubaye en toile de fond.

Table des matières

Le secteur de Maljasset, dans la haute vallée de l’Ubaye, n’est pas seulement un hameau isolé au bout de la route. C’est surtout un point de départ très efficace pour des sorties à la journée, des traversées et quelques sommets qui demandent déjà une vraie lecture du terrain. Ici, je vais vous donner l’essentiel pour choisir une course réaliste, comprendre ce que l’on trouve autour du refuge et éviter les erreurs classiques en montagne.

Les repères utiles avant de monter au fond de la vallée

  • Maljasset se trouve à 1 905 m, dans le vallon de Maurin, au cœur de la haute Ubaye.
  • Le refuge sert de base pour la randonnée estivale, le ski de randonnée et les itinérances comme le GR5 ou la Via Alpina.
  • Les sorties les plus abordables vont vers les lacs de Marinet ou le col du Longet, avec de vraies ambiances alpines sans technicité excessive.
  • Pour un sommet plus engagé, la Tête de Girardin et le Longet demandent déjà de l’endurance, du sens de l’orientation et une marge météo.
  • Plusieurs itinéraires sont non balisés ou passent sur pierrier, donc carte, GPS et gestion du temps ne sont pas optionnels.
  • La saison gardée du refuge va de mi-décembre à mi-avril puis de début juin à fin septembre.

Pourquoi ce hameau sert de base idéale pour la haute Ubaye

Ce que j’apprécie à Maljasset, c’est le contraste entre la simplicité du lieu et la qualité des objectifs autour. On est au fond du vallon de Maurin, dans un décor de haute montagne qui reste lisible: le terrain s’ouvre vite, les crêtes se découpent clairement et l’on passe sans transition des alpages aux reliefs plus minéraux. Pour une destination alpine, c’est précieux, parce que l’on sait rapidement si l’on vise une balade longue, une vraie randonnée de montagne ou un sommet plus sérieux.

Le refuge joue ici un rôle central. Il se situe à 1 905 m et sert de porte d’entrée vers plusieurs grands itinéraires de traversée. La GTA, le GR5 et la Via Alpina passent dans le secteur, ce qui explique pourquoi on y croise autant de randonneurs que d’alpinistes en transit. En pratique, cela veut dire une chose simple: Maljasset n’est pas une étape anecdotique, c’est un camp de base naturel pour rayonner dans toute la haute Ubaye.

La vraie force du lieu, c’est aussi son positionnement. Le massif de Chambeyron domine l’horizon, les cols alentours ouvrent vers le Queyras et les vallons secondaires donnent accès à des lacs, des passages frontaliers et des crêtes panoramiques. Autrement dit, on vient ici pour aller plus haut, pas seulement pour dormir dans un joli hameau. C’est justement ce qui rend utile le tri par niveau que je propose dans la suite.

Randonneur dans un champ de fleurs blanches, face aux montagnes majestueuses de Maljasset Ubaye. Ciel bleu et nuages légers.

Les sorties à la journée qui fonctionnent le mieux depuis le refuge

Si je devais résumer le secteur en une logique simple, je dirais qu’il faut choisir sa course en fonction de trois critères: le temps disponible, votre aisance sur terrain minéral et votre tolérance à l’effort long. Certaines sorties sont très belles sans être techniques. D’autres offrent un vrai parfum d’altitude, mais demandent une habitude réelle de la montagne.

Sortie Données utiles Niveau Ce qu’elle apporte
Lacs de Marinet 13 km, 650 m D+, environ 4 h Moyen Une sortie claire pour découvrir le vallon de Mary et ses glaciers rocheux, avec peu de difficultés techniques.
Col du Longet 24 km, 760 m D+, environ 8 h Moyen Une grande randonnée pastorale, sans difficulté technique particulière, avec une belle sensation d’éloignement.
Col Tronchet 7,2 km, 760 m D+, environ 6 h Moyen à soutenu Un passage plus court mais plus marqué, avec des pierriers et une vraie logique de traversée vers Ceillac.
Tête de Girardin 10 km, 970 m D+, environ 7 h Difficile Un sommet très panoramique, mais avec un sentier escarpé non équipé qui demande de l’assurance.
Le Longet 14 km, 1 060 m D+, environ 8 h 30 Difficile Le bon choix pour qui veut un sommet plus engagé et une vue large sur la Haute-Ubaye, le Queyras et les Écrins.

Les lacs de Marinet sont souvent mon premier choix quand je veux une sortie solide mais encore raisonnable. Le vallon a une vraie présence géologique, et le terme glacier rocheux n’est pas décoratif: il désigne une masse de roches et de glace qui se déplace lentement, un phénomène qui dit beaucoup sur la montagne qu’on traverse. Pour un randonneur curieux, c’est plus intéressant qu’un simple aller-retour vers un belvédère.

Le col du Longet, lui, joue une autre carte. Ce n’est pas l’itinéraire le plus spectaculaire au premier regard, mais il fonctionne très bien pour ceux qui veulent marcher longtemps sans entrer tout de suite dans le terrain technique. Je le vois comme une sortie de fond de vallée: on prend de la distance, on gagne en altitude de façon régulière, et l’on finit avec une vraie sensation d’espace. C’est exactement le genre de course qui prépare bien à des objectifs plus ambitieux.

Pour une logique de sommet, la Tête de Girardin et le Longet montent d’un cran. On change de registre: le terrain devient plus raide, l’effort plus soutenu et la gestion du timing plus importante. La récompense est à la hauteur, avec un panorama à 360° et, par beau temps, une lecture très nette des Aiguilles de Chambeyron. Si vous aimez les sorties où le sommet compte autant que l’itinéraire, ce sont les deux noms à garder en tête.

Ce qu’il faut anticiper quand le terrain devient sérieux

Dans ce secteur, l’erreur la plus fréquente consiste à sous-estimer la qualité du terrain sous prétexte que le départ est accessible. Ce serait une mauvaise lecture. Dès qu’on s’éloigne du refuge, on tombe vite sur des sentiers non balisés, des passages sur pierrier ou des pentes où l’orientation devient décisive. Un pierrier, c’est un versant couvert de blocs instables: on y avance plus lentement qu’on ne l’imagine, et la fatigue monte vite si l’on part trop léger.

Je recommande donc une approche très concrète:

  • prendre une carte fiable et savoir l’utiliser avant de partir;
  • embarquer un GPS ou une trace enregistrée, mais sans dépendre uniquement de lui;
  • ajouter au moins une marge d’1 h à 1 h 30 sur les sorties engagées;
  • partir tôt, surtout sur les courses de crête;
  • surveiller la météo et le vent, qui changent vite l’ambiance des cols;
  • renoncer dès que l’enneigement résiduel ou la visibilité brouillent la lecture du terrain.

En fin de saison ou au printemps, la vigilance doit encore monter d’un cran. Les cols de Girardin et de Mary peuvent être praticables selon les conditions, mais je ne les considérerais jamais comme acquis sans vérifier l’état de la neige et le bulletin avalanche. Sur ces itinéraires, la différence entre une belle course et une mauvaise journée tient souvent à peu de chose: une heure de départ trop tardive, une couche neigeuse plus ferme que prévu, ou une crête balayée par le vent.

Si vous cherchez une logique plus alpine, la bonne question n’est donc pas seulement “où aller ?”, mais “dans quelles conditions ai-je intérêt à y aller ?”. C’est ce qui fait la différence entre une sortie maîtrisée et une sortie subie, et c’est encore plus vrai dans une vallée aussi ouverte que la haute Ubaye.

Dormir au refuge ou bivouaquer sans compliquer la sortie

Le refuge de Maljasset est un vrai atout logistique. Il est gardé en hiver de mi-décembre à mi-avril, puis en été de début juin à fin septembre. Pendant ces périodes, il est ouvert tous les jours de 7 h 30 à 21 h, avec un service déjeuner de 12 h à 14 h 30, un dîner sur réservation et un menu unique à 26 €. Pour une sortie de deux jours, ce niveau de simplicité compte beaucoup: on perd moins de temps à improviser et on récupère mieux après une grosse journée.

Ce que je trouve utile, c’est que le refuge reste pensé pour les marcheurs. On y trouve de quoi s’organiser sans alourdir le sac, et l’environnement se prête aussi au bivouac. Il n’y a pas d’espace camping dédié, mais les abords du refuge offrent des zones plates et de l’eau à proximité. Cela dit, il faut garder une logique de montagne propre: emporter tous ses déchets, limiter l’impact du feu et ne pas transformer le lieu en campement permanent.

En clair, dormir ici peut être une excellente option si votre objectif dépasse la simple randonnée à la journée. Pour une traversée vers le Chambeyron, un enchaînement de cols ou une tentative de sommet, le refuge fait gagner en confort et en sécurité. Et sur ce type de terrain, un bon point d’appui vaut parfois autant qu’un demi-kilomètre de dénivelé en moins.

Si je ne devais garder que trois idées de sortie autour de Maljasset

Quand je regarde ce secteur avec un œil pratique, je retiens surtout trois scénarios. Le premier, pour une belle journée sans se mettre dans le rouge, c’est les lacs de Marinet. Le deuxième, pour une grande course de fond de vallée, c’est le col du Longet. Le troisième, pour ceux qui veulent une vraie ligne de sommet, c’est la Tête de Girardin ou, si l’on a plus de marge, le Longet.

  • Lacs de Marinet si vous cherchez le meilleur équilibre entre beauté et accessibilité.
  • Col du Longet si vous voulez marcher longtemps sur un terrain lisible.
  • Tête de Girardin si votre priorité est le panorama et que vous acceptez un sentier plus raide.

Au fond, Maljasset fonctionne très bien pour qui accepte une règle simple: plus on monte ici, plus il faut être précis. La vallée récompense les sorties bien préparées, pas les improvisations. Si vous partez avec le bon objectif, le bon horaire et une vraie lecture du terrain, vous trouverez l’un des meilleurs points d’appui de la haute Ubaye.

Questions fréquentes

Les lacs de Marinet (13 km, 650 m D+, 4h) et le Col du Longet (24 km, 760 m D+, 8h) sont d'excellentes options pour découvrir la haute montagne sans difficulté technique excessive.

La Tête de Girardin (10 km, 970 m D+, 7h) et Le Longet (14 km, 1060 m D+, 8h30) offrent des panoramas superbes mais demandent plus d'endurance et d'expérience en terrain escarpé.

Le refuge est gardé de mi-décembre à mi-avril pour l'hiver et de début juin à fin septembre pour la saison estivale. Il propose des services de restauration et d'hébergement.

Une carte fiable, un GPS (avec une trace enregistrée), des vêtements adaptés à la météo changeante, et une bonne gestion du temps sont cruciaux, surtout sur les itinéraires non balisés ou en pierrier.

Oui, les abords du refuge offrent des zones plates et de l'eau. Il est important de respecter l'environnement en emportant tous ses déchets et en limitant l'impact du bivouac.

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Autor Henri Bernard
Henri Bernard
Je m'appelle Henri Bernard et j'ai 13 ans d'expérience dans le domaine des sports de montagne, en particulier l'alpinisme et l'escalade. Mon intérêt pour ces activités a commencé dès mon enfance, lorsque j'ai franchi mes premières falaises et découvert la beauté des sommets. Ce qui me passionne, c'est de partager mes connaissances sur la sécurité en montagne et d'aider les autres à naviguer dans ce milieu parfois complexe. Dans mes écrits, je m'efforce de rendre des sujets techniques accessibles, en vérifiant mes sources et en comparant différentes informations pour offrir des conseils clairs et pertinents. Je suis engagé à fournir des contenus utiles, précis et à jour, afin que chacun puisse profiter de la montagne en toute sécurité.

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